
Contrairement au récit qui présente la famine au Soudan comme une conséquence naturelle de la guerre, cet article montre que la faim est utilisée comme arme de guerre par les milices FSR. La famine est aussi le produit d'un système de prédation néocolonial au profit des Émirats arabes unis. L'autonomie alimentaire devient dès lors un enjeu de résistance et d'émancipation décoloniale.

À l’occasion de notre 7e anniversaire, nous revenons sur ces années de mobilisation en exil pour faire vivre l’héritage de la révolution soudanaise en France. Cet article est comme un manifeste dans lequel nous évoquons les obstacles et les victoires rencontrés, l’évolution du paysage militant ici et au Soudan durant ces sept années de lutte, et dans lequel réaffirmons notre engagement à porter la voix des Soudanais·es en résistance à travers le monde.

Cet article interroge le paradoxe des discours promouvant la paix au Soudan, qui masquent parfois des agendas politiques, notamment la défense des intérêts de la milice des FSR. La paix, censée être un instrument de justice et de réparation, est alors utilisée comme un moyen de perpétuer des rapports de pouvoir violents. Une paix véritable ne peut être dissociée des piliers de la révolution soudanaise : la liberté, la justice et la dignité.

Affirmant l'urgence de décoloniser le regard porté sur le Soudan, Youssef Abdelrahman revient sur la brève période durant laquelle cette guerre a été visibilisée dans les médias français suite aux massacres d'El Fasher, avant d'être à nouveau effacée. Pour lui, le traitement médiatique de la guerre au Soudan reflète la hiérarchisation des conflits contemporains dans les pays occidentaux, qui normalise et invisibilise la violence envers les populations racisées.

Dans cet article, Hamad Gamal, co-fondateur de Sudfa Media, interroge la mémoire de la révolution soudanaise et les questions laissées en suspens par cette révolution avortée face à la brutalité de la guerre contre-révolutionnaire. Il analyse l’héritage de ces mobilisations et examine les raisons de leur échec.