

Dans cet article, Hamad Gamal, co-fondateur de Sudfa Media, interroge la mémoire de la révolution soudanaise et les questions laissées en suspens par cette révolution avortée face à la brutalité de la guerre contre-révolutionnaire. Il analyse l’héritage de ces mobilisations et examine les raisons de leur échec.

Ce 10 avril 2025, un événement historique a eu lieu à La Haye. La Cour internationale de justice (CIJ), principal organe judiciaire des Nations unies, a entamé l’examen d’une plainte déposée par l’État soudanais contre les Émirats arabes unis. Pour la première fois, un pays africain ose porter devant la justice internationale les ingérences d’une puissance du Golfe.

Depuis le 15 avril 2023, la violence meurtrière de la guerre au Soudan a provoqué une profonde inquiétude parmi les exilés soudanais résidant en France. Ces derniers, loin de chez eux, suivent avec anxiété et impuissance l'évolution de la situation dans leur pays d'origine. À travers les frontières, ils et elles appellent à la solidarité pour mettre fin à cette crise.

Depuis début janvier, l'ONU pousse pour mettre en place une médiation entre les putschistes et les manifestant-e-s. Des voix s'élèvent pour dénoncer ce "dialogue" avec les militaires imposé par l'ONU comme une ingérence néo-colonialiste des puissances étrangères dans la révolution soudanaise. Interview avec des militant-e-s sur place.

Le départ de l'armée soudanaise du pouvoir est une exigence fondamentale de la révolution soudanaise depuis les manifestations de 2018. En effet, depuis l'indépendance en 1956, l'armée a systématiquement réprimé et massacré la population soudanaise tout en gardant le monopole du pouvoir politique et économique, pour son propre bénéfice et celui des puissances étrangères.