" Malgré la chute du régime d'al-Bachir et la signature des accords de paix, le Darfour continue de vivre l'un des conflits les plus violents de notre siècle, l'un des massacres ethniques les plus tragiques de l'histoire "

Des centaines de militants soudanais ont manifesté samedi dernier à la place de la République (lire le communiqué et comprendre les raisons de cette manifestation dans notre dernier article ici) (https://blogs.mediapart.fr/sudfa/blog/010121/communaute-soudanaise-en-exil-manifestation-du-2-janvier), en slogans, chansons, et avec des discours et prises de parole de certains membres des mouvements armés (représentants des mouvements de Mini Minawi - SLM-MM, Abdelwahed el-Nur - SLM-AW, et Jibril Ibrahim - JEM).
Différents groupes et comités se sont joints dans l'unité de la revendication des habitants du Darfour : le maintien de la mission UNAMID. En effet il avait été annoncé en décembre 2020 que cette mission ne serait pas prolongée. Les acteurs sur place sont cependant unanimes : l'UNAMID joue un rôle clé dans toute la région du Darfour, répartie en 35 centres, dans le but de protéger les civils des exactions des milices, et protéger l'acheminement de l'aide humanitaire, notamment l'aide d'urgence apportée aux civils suite aux attaques.
Dans son discours pendant cette manifestation, le militant Mozamel Shareef a déclaré :
" Malgré la chute du régime d'al-Bachir et la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et les mouvements armés du Darfour (à l'exception de celui d'Abdelwahed al-Nur, qui a refusé de signer cet accord), la région continue de vivre un des conflits les plus violents de notre siècle, l'un des massacres ethniques les plus tragiques de l'histoire. Cette guerre a tué plus d'un demi-million de citoyens et provoqué le déplacement et le déplacement de plus de quatre millions de citoyens pour s'abriter dans des camps dans la région et les pays frontaliers, et malgré la signature de l'accord de paix, les citoyens craignent l'escalade de la violence et des violations en raison du vide que laisserait le départ de l'UNAMID. Imaginez ! Même en présence de la mission, il y a eu une suite non-interrompue de crimes contre des civils non armés (meurtres, pillages et viols), alors quelle sera la situation après le départ de la mission ? Peut-on décemment y penser ? C'est une véritable catastrophe pour l'ensemble de peuple du Darfour "
Les enjeux de désarmement et de paix, au coeur des accords récents, sont brûlants. L'instabilité, la violence et la pauvreté alimentent les incendies des conflits tribaux, triste conséquence de décennies de politique sale (diviser pour mieux régner), qui plonge notre pays dans un bourbier tenace.
Photos ci-dessous : clichés pris lors de la manifestation, par notre équipe.





Dans cet article, Hamad Gamal, co-fondateur de Sudfa Media, interroge la mémoire de la révolution soudanaise et les questions laissées en suspens par cette révolution avortée face à la brutalité de la guerre contre-révolutionnaire. Il analyse l’héritage de ces mobilisations et examine les raisons de leur échec.

Deux militants de Sudfa (média fondé par des exilé.es soudanais.es en France), et de Génération Lumière (association d’écologie décoloniale fondée par des jeunes Congolais·es à Lyon), échangent sur les guerres en cours au Congo et au Soudan, mettant en lumière les logiques globalisées du capitalisme colonial, ainsi que les voies de solidarités entre les peuples.

La guerre au Soudan se fait désormais aussi devant les tribunaux internationaux. Au printemps, le gouvernement soudanais a accusé les Emirats Arabes Unis de soutenir les Forces de Soutien Rapide et de complicité de génocide devant la Cour internationale de Justice, qui a rejeté sa plainte le 5 mai dernier. Ahmed Khatir, exilé soudanais et étudiant en droit, décrypte les enjeux de cette bataille judiciaire et les impasses dans lesquelles se trouve l’Etat soudanais.
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Comment les acteurs de la guerre au Soudan justifient-ils toute cette violence ? Dans cet article, la militante Muzan Alneel analyse les discours mobilisés par les deux camps pour s’attirer le soutien de la population. Elle défend la nécessité de mettre en avant un contre-discours révolutionnaire, fondé sur des analyses de gauche, pour proposer une alternative politique crédible.

Quand la guerre prendra fin, quel sera l’avenir politique du Soudan ? En octobre 2023, les comités de résistance soudanais ont publié une "vision révolutionnaire pour sortir de la guerre", qui propose des pistes concrètes pour arrêter la guerre et mettre en place un gouvernement populaire et démocratique. On vous résume ici les principaux axes de ce texte.